Le Député Aurélien Taché -membre de l'opposition française, s'est prononcé récemment sur le processus électoral de la Côte d'Ivoire. Sa déclaration très critique, tout en étant préoccupante du point de vue de la politique intérieure française, recèle des contre-vérités et des accusations graves à l’encontre du gouvernement ivoirien et de son Président, Dr Alassane Ouattara qu'il convient de mettre en lumière. 

Tout d'abord, il est important de rappeler que la Côte d'Ivoire a fait des progrès significatifs en matière de stabilité et de démocratie depuis la crise politique de 2010-2011. Contrairement à l'appréciation du Député Taché, les réformes entreprises par le gouvernement ivoirien ont été saluées par des organisations internationales crédibles, qui reconnaissent les efforts déployés pour établir un cadre électoral plus transparent.

Ensuite, accuser le gouvernement ivoirien de manquer de régularité et d'équité dans l'organisation du scrutin est une accusation grave qui ne se base pas sur des preuves concrètes. Les institutions ivoiriennes, y compris la Commission électorale indépendante (CEI), ont été mises en place pour garantir la transparence des élections, et leur fonctionnement a été renforcé grâce à l’assistance internationale, y compris celle de la France et de l’Union européenne.

D'ailleurs, l'adoption de l'actuelle liste électorale a étè une œuvre de long processus ; plus de 3/4 des personnes qui y figurent ont été inscrites du temps des Présidents Henri Konan Bedié (PDCI-RDA) et Laurent Gbagbo (FPI, PPA-CI). Le 1/4 restant a été inscrit sous la Présidence d'Alassane Ouattara, mais par une CEI mise en place de façon consensuelle entre l'ensemble des acteurs sociaux du pays.

Avec cette liste, plusieurs élections locales et nationales ont été organisées à la satisfaction générale. 

La parlant d'audit, ladite liste fait actuellement l'objet d'un audit populaire où tout citoyen ou groupe de citoyens-y compris les partis et groupements politiques, ainsi que la société civile, ont la latitude de réclamer quelque changement que ce soit, pourvu que les requêtes soient dûment motivées. C'est d'ailleurs dans le cadre de l'audit en cours que M. Tidjane THIAM a été, sur dénonciation motivée, retiré de la liste électorale étant qu'il a été factuellement établi qu'il n'était pas citoyen ivoirien en 2022 lorsqu'il se faisait enrôler sur ladite liste.

Alors, que reproche le législateur Français au gouvernement ivoirien, à la justice ivoirienne? M. Aurélien Taché plaint-il le fait d'appliquer strictement la loi que le législateur Ivoirien a adoptée pour régir la vie dans notre communauté nationale?

De plus, il est crucial de souligner que les financements français et européens portant sur des projets de renforcement de la démocratie en Côte d'Ivoire, n'ont jamais à ce jour fait l'objet de quelque malversation que ce soit. En la matière, plusieurs mécanismes bilatéraux et multilatéraux ont été institués pour garantir effectivité de l'emploi des aides et autres emprunts dont la Côte d'Ivoire bénéficie dans le cadre de sa politique de développement. 

Outre leur légèreté, la généralisation des inquiétudes exprimées par M. Taché pourrait avoir des conséquences contre-productives. Fomenter le doute quant à la régularité des élections peut nuire à la confiance des électeurs et ouvrir la voie à des tensions inutiles. 

Qui plus est, M. Aurélien Taché n'a à ce jour mené aucune étude personnelle sur le code électoral de la Côte d'Ivoire, ni encore moins participé à une séance d'information parlementaire sur le processus électoral de la Côte d'Ivoire. Il est essentiel d'user de parcimonie dans le jugement, surtout lorsqu'on se prononce sur un sujet pour lequel on n'a pas fait une enquête de ses propres soins.

En somme, tout en reconnaissant les préoccupations légitimes du legislateur Aurélien Taché vis-à-vis de son gouvernement, je trouve, néanmoins, outragéant son zèle analytique sur le processus électoral en Côte d'Ivoire. Il gagnerait à intérroger les vrais faits et à tenir un discours constructif et équilibré, respectant la démocratie et la souveraineté ivoiriennes.

Kehi Edouard DJOUHA 

Sénateur du Cavally 

Menbre du Groupe Parlementaire RHDP au Sénat

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